Végétalisme et protéines, tips et expérience personnelle 

Trois.

Voilà le nombre de barres protéinées je mangeais par jour.

Trois!

Il y a deux ans, j’étais terriblement mal informée. Je ne contestait pas vraiment les informations erronées que l’industrie agro-alimentaire mettait en avant. « Jeune » (oui j’approche de la trentaine bordel de crotte!) et impressionnable, je croyais à tout ce qu’un(e) porte-parole disait, ventant les bienfaits de 1000 et un produits sur son flux Instagram. Il n’est donc pas surprenant que ma relation avec la protéine ait évolué de façon assez variable depuis.

D’après ce que je comprenait avant, trop de graisse me ferait grossir, trop de glucides me ferait grossir … mais la protéine était sûre. Elle ne me ferait pas de mal la p’tite ! (Oui fut un temps genre 6-7 ans j’ai même tenté le régime Dukan… maman!).

Bref, la protéine. J’étais comme hypnotisée (un peu comme le serpent du Roi de la Jungle, aie confiaaaaaaance, crois en moiiiiii) par les coachs et les nenettes en bikini, insistant toujours sur le fait que la clé de leur physique si agréable était la protéine ! Trop de protéines ça n’existaient tout simplement pas. Le plus possible, le meilleur!

En plus d’ajouter de la protéine en poudre à presque tout (yaourt, porridge, crêpes, gaufre, gâteaux, smoothies et tout ce qui s’en suis), je mangeais aussi de grandes quantités de protéine solide au déjeuner et au dîner. Brisons-le mythe de la vegan depuis toujours. Chaque jour, je mangeais des cuillères pleines de protéines en poudre, de yogourt grec, d’œufs, de blanc de poulet, de colin et de saumon et de barres protéinées. La plupart des jours deux bars, quelques jours trois (j’avoue c’est bon quand même!). Pour moi, les barres étaient simplement des collations savoureuses et rien de plus. Je n’ai jamais compté exactement combien de protéines je mangeais. Pas une fois, cela ne m’a traversé l’esprit que peut-être la protéine n’était pas aussi bonne que ça. Ce n’était qu’une question de temps avant que je me rende compte que les protéines étaient plus que de simples barres de Quest qui avaient ce delicieux goût de brownie… la protéine m’a aussi aidé à développer mes muscles sans les graisses et les glucides qu’on m’avait appris à craindre.

Finalement, j’ai commencé à m’éloigner de cette obsession en me renseignant puis en me plongeant dans le monde de l’alimentation végétale. Après d’innombrables recherches, j’ai finalement développé une relation stable avec la nourriture. J’ai appris que toutes les protéines ne sont pas les mêmes; que la source compte. Si vous ne l’avez pas déjà lu je vous renvoie vers cet article qui regroupe tout les livres/reportage/documentaires qui m’ont fait franchir le pas.

Maintenant que je mange végétalien depuis environ un an, je me sens plus à l’aise de partager mon expérience avec ce changement de régime alimentaire. L’obstacle le plus difficile à franchir serait justement de consommer suffisamment de protéines, mais après quelques essais et aussi quelques erreurs, j’ai trouvé ce qui fonctionne pour moi!

Avant, je dépendais des barres protéinées et des poudres comme principales sources de protéines. Venais ensuite le tofu. Mon top 3 quoi. Le plus souvent, ces produits (je parle bien entendu des barres et des poudre) contiennent des sucres ajoutés, des arômes artificiels et des trucs pas chouettes. J’avais l’impression que ces autres ingrédients n’avaient pas d’importance parce que tout ce qui était important c’était d’avoir autant de protéines que possible. Clairement, j’étais ignorante du fait que la consommation à long terme de ces additifs sur une base quotidienne ne fonctionnerait pas en faveur de mon corps.

La culture de l’alimentation influence de plus en plus fortement les gens aujourd’hui.

Rien de tel qu’un film, au cinéma ou à la télévision, pour montrer le côté attrayant d’une recette ou d’aliments (qui matte Top chef ici?). Nous sommes terriblement influencés par la publicité qui afflue de toutes parts. Il suffit de mentionner les circulaires des grandes chaînes alimentaires, avec leurs points de fidélité, les cadeaux offerts moyennant un certain montant payé dans les supermarchés, les dégustations de produits en magasin…

Il est donc beaucoup trop facile d’être victime du mythe selon lequel les gens ont besoin de beaucoup de protéines (enfin s’il n’y avais que ce mythe là malheureusement il y en a des tonnes…).

Nous sommes davantage encouragés à nous soucier de ce que les protéines peuvent faire pour notre corps d’un point de vue apparence extérieure plutôt que de nous intéresser à son impact sur la fonctionnalité de notre corps.

Pour bien des gens, en effet, les valeurs nutritionnelles sont encore aujourd’hui du charabia scientifique. Je vous avoue qu’il y a quelques années par exemple je ne regardais que la mention « calories », pour moi le reste n’avais pas d’importance, tant qu’il n’y avais pas trop de calories c’était parfait. Or la santé passe aussi par une meilleure connaissance des aliments que l’on consomme, en sachant leur provenance et leur mode de fabrication!

Je ne suis pas ici pour fournir des conseils nutritionnels car je ne suis pas qualifié pour le faire. Enfin je le fais pas mal mais vous comprenez ce que je veux dire. Cependant, partager mon expérience peut s’avérer utile pour certaines d’entre vous j’imagine.

Au cours de cette dernière année, j’ai donc mangé végétalien sans « écart », j’ai dû avaler quelques pancakes avec des œufs en voyage mais c’est tout. Ma plus grande préoccupation a été de trouver l’équilibre. Je fais l’effort conscient de simplement manger des aliments entiers et naturels 90% du temps. Pensez à manger des ingrédients eux-mêmes, pas des aliments avec des listes d’ingrédients. Tout ce que je mange provient des plantes.

Je dépendais beaucoup du blanc de poulet et des œufs comme source de protéines.  Mes 2 combos favoris, le poulet/patate et le saumon/avocat. Qui ne sont plus des options. Maintenant mes sources incluent:

Lentilles et pois chiches
Pâtes de pois chiches, lentilles, pois cassés
Quinoa
Haricots rouges ou noirs
Tofu, tempeh, seitan, lupin (et en de très rares occcasions steak de soja, nuggets ou autre simili-carné)
Protéine en poudre (Nu3, Synergic, Éric Favre, Sunwarriors)
Graines de chia
Des noisettes, noix et amande
Lait d’amande ou de noisette sans sucres ajoutés

Après avoir retiré les produits animaux de mon alimentation, et en particulier changé toutes mes sources de protéines, j’ai remarqué une augmentation significative de mon énergie et de mon humeur. Il est difficile d’identifier une cause spécifique, d’autant plus que le mode de vie comporte de nombreux aspects influents, mais je pense que mes sources de protéines et mon alimentation en général ont contribués à ces changements. Je me sens plus forte et plus énergique. Je ne mange pas autant de protéines que par le passé. Et pourtant mes progrès sont évidents! Ce qui est difficile, c’est de trouver l’équilibre parfait.

Je consommais suffisamment de protéine au départ, oui mais n’avaler que des shakers et des barres, même si cela reste de la protéine, rien ne vaut des aliments solides !

Je savais quoi faire à présent: varier et augmenter mon apport en protéine! Je l’ai fait lentement et progressivement ce qui m’a aidé à trouver un équilibre qui a laissé mon corps et mon esprit en paix. J’ai découvert au fur et à mesure de nouveaux aliments, appris à les cuisiner et à les apprécier.

La vie, c’est apprendre à se connaître, et c’est un processus en constante évolution. Chaque jour est une autre chance d’apprendre. On me demande souvent exactement combien de protéines je mange en une journée. Mon passé avec les nombres (addict a Myfitnesspal) m’a amené à choisir de ne pas savoir. Sauf période précise notamment en sèche, en prise de masse on mange « trop » de toute façon haha!

J’ai passé du temps coincé à entrer des gammes et des grammes, loin d’être un facteur de bonne santé mentale.

Mon plus grand succès a été d’écouter mon corps. Cependant, je reconnais que pour certaines personnes tout compter est le meilleur moyen d’atteindre leurs objectifs et de se sentir mieux. Mais moi j’ai le temps, je n’ai pas d’objectif à court terme donc je préfère être détente de ce côté là. J’en mangerai peut être trop un jour peut être pas assez le lendemain mais je réalise mon équilibre sur la semaine. Tous les corps sont différents. Je ne peux parler à aucun autre corps en dehors du mien. Tout ce que je peux faire, c’est donner mon expérience et espérer que cela éclaircira la situation de quelqu’un d’autre. Je ne suis pas professionnelle, ni même étudiante en nutrition. Donc je ne suis pas à l’aise de donner des conseils ou des chiffres. D’ailleurs on dit bien qu’il faut consommer entre 1,5 et 2,5g de protéine/kilo de poids de corps. C’est donc selon vous!

Dans tous les domaines de la vie, les essais et les erreurs sont cruciaux. Rien n’est fixe, permanent. Soyez prêt à tester de nouvelles choses, de nouvelles habitudes, de nouvelles expériences. Quand il s’agit de santé et de bien-être, il n’y a pas de solution unique. Nous entendons parler de «superaliments» tout le temps, mais tous ne fonctionnent pas pour tout le monde. Ne vous sentez pas coupable si vous n’aimez pas le kale ou la spiruline.

Vous contrôlez votre propre bien-être, dans une plus grande mesure que ce que nous avons tendance à croire. Je vous encourage à expérimenter de manière amusante. Assurez-vous de manger suffisamment! À part ça, c’est tout !

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1 Commentaire

  1. 27 juillet 2018 / 8 h 26 min

    C’est intéressant de lire ton expérience, merci !

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