Les produits d’origine française sont-ils meilleurs en terme de qualité ?

Le consommateur français a la fibre patriotique. Quand il a le choix entre un produit “made in France” (fabriqué en France) et un autre, il choisi en général celui qui bénéficiera à l’économie nationale. Selon une étude du Centre de Recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) publiée en juin 2017 à la question “lorsque vous faites vos achats est-ce que le critère ‘fabriqué en France’ est important pour vous ?”, 75% des personnes interrogées répondent oui.  Mais est-ce vraiment un gage de qualité ?

Quels fruits et légumes produisons-nous ?
Pour les légumes, la principale culture est celle de la tomate (même s’il s’agit en fait d’un fruit) et de la carotte. Viennent ensuite les productions de maïs doux, de salade, d’haricot vert, d’oignon et de chou-fleur. Pour les fruits, plus de la moitié de la production provient de la pomme, un fruit que l’on peut vendre toute l’année et dont la France est l’un des principaux exportateurs mondiaux. Les autres productions importantes sont les pêches, les nectarines, les abricots ou encore les poires. Grâce aux DOM, la France dispose aussi d’une production de bananes et d’ananas. La France est le 3ème pays producteur de fruits et légumes frais en Europe, assez loin derrière l’Italie et l’Espagne.

Utilisation des pesticides dans l’agriculture française.
La France est le 3ème consommateur mondial de pesticides et le premier consommateur européen, proportion considérable au regard de sa surface agricole qui s’élève à environ 30 millions d’hectares. LE PREMIER LES GARS !!!! 6000 produits contenant des substances chimiques autorisées sont homologués en France, et environ 2500 sont régulièrement utilisés. Les fongicides représentent la moitié du volume des pesticides utilisés, les herbicides un tiers, les insecticides 3 % et le reste sont des produits divers. 64,1 % des fruits et 34,8 % des légumes que nous consommons contiendrait des résidus de pesticides, et 6 % de ces produits ont une teneur en pesticides supérieure à la limite maximale de résidus. Voilà pour les chiffres …
En gros pour être sur d’acheter des produits de qualité, il vaut mieux acheter français ET des produits issus de l’agriculture biologique. Et oui la définition même d’un pesticide est d’être nocif pour un organisme vivant  alors même s’il est censé s’attaquer à un champignon ou à un insecte en particulier, son action ne se limite pas à la seule espèce en question. Une poison est un poison j’ai envie de vous dire ! 

Viande, lait, œuf…. Des OGM tous les jours dans nos assiettes.
En France, excepté le bio, 90% des animaux d’élevage seraient nourris à base d’OGM. Pourtant, aucune étiquette n’en fait mention sur les produits que nous achetons….
Mais pourquoi me direz vous ? Et bien la principale réponse semble se trouver du côté des méthodes d’élevage : aujourd’hui, il faut produire beaucoup et pour pas cher.
Les animaux sont donc poussés à battre des records de rentabilité :
– les poulets doivent être prêts pour la consommation après 50 jours de vie (au lieu de 150 il y a 70 ans)
– les vaches doivent produire toujours plus de lait (8000 litres par an aujourd’hui contre 2000 en 1950)
– les poules pondre plus (jusqu’à 300 œufs par an)

Les animaux avalent désormais des rations dopées en protéines, issues principalement du maïs ou du soja. Ces “concentrés d’énergie” représenteraient 5 à 15% de l’alimentation des boeufs et jusqu’à 25% de l’alimentation des vaches laitières.Mais la France n’est pas en capacité de produire suffisamment de maïs ou de soja pour répondre à cette demande de nourriture animale (3,5 millions de tonnes par an). Ce qu’il ne peut pas produire, notre pays l’importe donc d’ailleurs, principalement d’Amérique, où les cultures sont majoritairement des OGM.  Par mesure de précaution, l’Europe a interdit toute culture OGM à l’exception du maïs et la France a même interdit la culture de ce maïs sur son territoire depuis 2008. Mais rien n’encadre cependant l’importation et la commercialisation de produits OGM de l’étranger. A l’heure actuelle en France, seuls les produits contenant directement des OGM, (par exemple du maïs ou du soja transgénique en conserve) sont étiquetés.  Si la présence d’OGM est involontaire et inférieure à 0,9 % (dans le cadre d’un produit transformé notamment), il n’est pas obligatoire de le signaler.

Quant aux méthodes d’élevage, bien entendu, en France comme ailleurs, c’est pas toujours joyeux…


Des marques françaises qui n’indiquent pas toujours l’origine de leur viande
Une association de consommateurs, UFC-Que Choisir  avait publié il y a deux ans une étude qui dénoncait le manque de transparence des industriels dans l’étiquetage des produits transformés.
245 aliments de consommation courante à base de viandes (bœuf, porc et poulet), de 13 marques nationales ont été analysés, comme des sandwichs, plats de lasagnes etc… Toutes catégories confondues, c’est même plus d’un produit sur deux (54%) qui fait l’impasse sur l’étiquetage. L’étude a pointé du doigt, comme mauvais élèves des marques comme Sodebo, Daunat ou Père Dodu….  avec…0% des produits indiquant l’origine de la viande !!! Bah bravo les gars.

 

Voici le  Palmares des pires rayons

Ou qui prônent le « Made in France » sans raison…
De grandes marques, des marques de distributeurs mais aussi bio mettent en avant le ‘made in France’ pour des aliments qui ne contiennent parfois pas le moindre ingrédient français…. Et oui c’est malheureux…. Cette même étude a trouvé  des cornichons “conditionnés en France” qui viennent d’Inde, une tarte aux framboises Carrefour “cuisinée en France”, avec des fruits de Serbie et d’Amérique du sud. Ou des lardons Madrange arborant une rosette tricolore et la mention “fabriqué en France” qui ne signifient pas pour autant que le porc -étiqueté UE- est français. Il faut faire attention aux étiquettes, c’est comme les produits soi-disant minceur qui sont bourrés de sucres ou de graisses, ou les produits aux packaging verts qui induisent en erreur, on pense « bio » , « detox » « bonne santé » alors qu’ils n’ont rien de tout cela.

Bon en gros, manger français au niveau des légumes, des fruits et des céréales je dis OUI. Si ce n’est pas le cas j’avoue que ce n’est pas terrible. Concernant la viande, et les produits d’originale animal il faut se renseigner sur ce que l’on achète. Evidemment je n’achète pas tout bio, on ne va pas se leurrer c’est un coup. Lorsque je consommais de la viande, et que j’achetais de la viande ou des œufs en supermarché je privilégiais les mentions « bio » ou « élevé en plein air » j’étais plutôt rassure de voir un origine France, ou une origine européenne en me disant qu’il y avait bien plus de contrôle. Mais je me rend compte que rien n’est acquis ! Il y a un amalgame entre français et bonne qualité. Je pense que l’origine France fait partie de ces appellations trompeuses car manger français ne garantit en rien que les animaux seront bien traités par exemple. Le « acheter français » permet de déculpabiliser les français mais au final on a tout de même recourt à de l’agriculture intensive et à un trop fort usage des pesticides. 

Manger français et bio c’est vraiment le mieux, encore plus auprès de petits producteurs. Après il faut comme tout se renseigner pour faire des économies, je vais d’ailleurs vous préparer un petit article sur comment manger bio sans se ruiner ! Après pour les personnes qui n’ont vraiment pas les moyens de consommer bio, acheter français est déjà un bon pas dans le sens ou cela permet d’encourager la production française.

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